Que restera-t-il de notre pays quand l’Ordre des Médecins se sera transformé en association de tueurs en série ? Le « consentement » des victimes n’y change rien : un meurtre reste un meurtre.
Euthanasie rime avec barbarie.
Nous retranscrivons ici la lettre du Parti Chrétien-démocrate de Jean-Frédéric Poisson qui soulève des problèmes de fond :
Madame la Députée,
Monsieur le Député,
Le texte de loi « fin de vie » ou « aide à mourir » revient à l’Assemblée nationale, après l’échec de la Commission Mixte Paritaire du 2 juin, montrant l’absence totale de consensus, et les divergences profondes entre nos deux chambres sur ce sujet crucial.
Vous allez donc être amené(e) à en débattre en troisième lecture le 22 juin, avant un ultime « aller-retour » au Sénat.
Tant d’arguments en défaveur de ce texte ont été présentés depuis le printemps 2024, de très nombreuses voix se sont élevées contre cette bascule anthropologique majeure : la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.
Jusqu’à présent, aucun des partisans de l’euthanasie n’est parvenu à répondre valablement à trois objections majeures, trois terribles conséquences sur notre cohésion sociale :
- Cette loi va détruire définitivement le lien de confiance, pourtant indispensable, entre soignants et soignés. La main qui soigne ne peut pas être une main qui tue. Le patient souffrant, qui voit rentrer dans sa chambre d’hôpital une infirmière, venue lui poser une perfusion : soulagement de la douleur, ou piqûre létale ? Cette ambiguïté diabolique est d'une violence inouïe !
- La prévention du suicide ne sera plus possible. C’est pourtant un enjeu consensuel reconnu de santé publique. Que direz-vous à la mère de famille qui n'aura pas pu empêcher son fils de 20 ans de recourir, dans sa détresse psychologique, au suicide assisté, légalisé, organisé et favorisé par l'État ?
- La mise en danger des plus pauvres, des plus vulnérables. L’interdit de tuer est le socle fondamental millénaire sur lequel repose notre civilisation. Sa dérégulation va mettre en danger les plus vulnérables de notre société. Quand la loi légitime et permet, elle suggère, et bientôt incite, puis contraint. La personne isolée, âgée, sans ressource, vulnérable, ou handicapée, qui se culpabilise d'être un poids pour les autres, et qui sera privée d'un accès aux soins palliatifs ... parce que cette loi va tuer le développement des soins palliatifs pour des raisons budgétaires : quel autre choix aura-t-elle que de recourir à l’euthanasie ? Ce sont les plus pauvres et vulnérables de notre pays qui seront poussés vers la sortie.
Le rôle d'un élu est d’orienter toute action vers le bonheur de son peuple. Il a surtout un devoir de protection des plus fragiles, des plus pauvres, des plus vulnérables. Or cette loi va certes autoriser l'euthanasie à ceux qui la souhaitent librement, mais elle va immanquablement l'imposer aux autres. Or une majorité de Français n’approuve pas la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté (enquête FONDAPOL-janvier 2026).
Je refuse, de tout cœur, l’idée que la "liberté" puisse consister à pousser certains à la mort. Ce n’est pas une loi de liberté, c’est une loi d’élimination sociale et budgétaire qui ne dit pas son nom.
Je défends une société où la vie, chaque vie, est précieuse, où la dignité humaine et l'accompagnement des plus fragiles sont des priorités. Une société qui ne voit pas la vie comme une simple variable d'ajustement budgétaire.
Je vous exhorte donc à voter contre ce projet de loi, pour préserver l’humanité et la solidarité qui ont toujours guidé notre avenir collectif.
Notre pays doit au contraire se doter enfin de structures de soins palliatifs en nombre suffisant, accessibles à tous et sur tout le territoire national. Soins palliatifs plébiscités par les Français, et dont les différentes lois (Kouchner 1999, Léonetti 2005 et Caeys-Léonetti 2016) imposaient depuis longtemps le développement.
Je vous remercie pour l’attention que vous porterez à ce message.
Respectueusement,
Votre signature, coordonnées, numéro de téléphone.
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Une dernière remarque :
Alors que notre société choisit la mort plutôt que la vie, la malédiction plutôt que la bénédiction, le malheur plutôt que le bonheur, demandons-nous à quelle source pouvons-nous puiser pour revivifier ce qui peut encore l’être sur la scène politique.
La réponse me paraît assez évidente : à celle des démocrates chrétiens. Ces derniers étaient là en nombre dans les instances politiques après la seconde guerre mondiale. Ils ont permis à nos sociétés de repartir d’un bon pied, et nous avons tous reçu de cet héritage, que nous soyons chrétiens ou non.
Ils semblent aujourd'hui les seuls à pouvoir encore inspirer confiance et agir avec suffisamment de douceur, tout en s’attelant avec sérieux aux chantiers qui s’avèrent nécessaires.
L’an prochain, il nous faudra élire un nouveau président. Personnellement, j’espère (au sens de l’espérance) que beaucoup percevront que le meilleur candidat est Jean-Frédéric Poisson.
